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centre d'étude des mouvements sociaux

Atelier « Évènement »

Présentation de l’atelier

PRODUCTION DES FAITS ET CONSTITUTION DE L’EXPERIENCE COLLECTIVE

Depuis plusieurs années, l’Atelier « Événement » réunit des chercheurs, des doctorants et des professionnels qui souhaitent réfléchir à la manière dont les événements participent à la constitution de l’expérience collective et publique. Dans un premier temps, cette entreprise de définition de l’événement a puisé ses ressources dans les courants philosophiques qui ont entrepris de définir l’événement généralement par opposition au fait (D. Davidson, Cl. Romano). Tout d’abord minoré par la tradition phénoménologique, le rôle des faits est apparu, au fil des débats et des interventions de l’Atelier, de plus en plus décisif pour la constitution de l’expérience collective. Si les faits nous « tiennent », s’ils apparaissent « incontournables », « indiscutables », s’ils « parlent d’eux-mêmes », ne faut-il pas justement interroger les procédés et les procédures, les artefacts et les dispositifs, les processus et les interactions qui président à leur constitution ? Il semble bien que ce questionnement procède en deux temps : Comment les faits constitués (institués ?) en « faits durs » sont ils dotés de la capacité de nous contraindre ? D’un point de vue pragmatique, cela nous conduit à interroger leurs effets sur un certain nombre de pratiques. Mais aussi, qu’est-ce qui participe aux modalités diverses de leur constitution en « faits durs » ?

Réduit à n’être qu’une épure assez abstraite, ce questionnement concerne, en réalité, une multitude de domaines et de situations, tant dans le champ du droit et de la Justice, que de l’enquête policière, de l’activité économique, administrative, journalistique, sportive et scientifique au sens le plus large. Il s’ouvre à la prise en compte de perspectives aussi bien ontologiques qu’historiques permettant d’appréhender la relativité conceptuelle des faits. Nous nous appuierons notamment sur les travaux de Mary Poovey pour repérer à partir de quand le concept de fait apparaît dans le langage et les pratiques, et pour désigner quelle réalité.

Il reste que l’articulation entre la production de faits stabilisés valables pour tous, détachés de toute perspective singulière, et l’expérience collective et publique, ne va pas de soi. Si pour Peirce, seul l’événement est créateur d’expérience par la surprise qu’il engendre,  le fait n’est-il pas aussi ce qui permet de donner à l’expérience une valeur générale partageable, valable pour tous, en tout temps et en tous lieux ?

Calendrier

Programme des premières  séances

  •  Vendredi 20 novembre, de 14h-16h30, en salle 816
    Discussion sur le texte de R. Salais, « Capacités, base informationnelle et démocratie délibérative » in La liberté au prisme des capacités. A. Sen au-delà du libéralisme, Paris, Éditions de l’EHESS, (collection « Raisons pratiques », n°18), 2008.

  •  Vendredi 18 décembre, de 14h-16h30, en salle 816
    Discussion autour d’un extrait de l’ouvrage de Mary Poovey, A History of the Modern Fact, The University of Chicago Press, 1998.

  •  Vendredi 15 janvier, de 14h-16h30, en salle 816
    Les faits sont-ils relatifs à des concepts? Les points de vue de I. Hacking et H. Putnam.

Renseignements :

Christian Saint-Sernin

Louis Quéré – quere(at)ehess.fr

Dernière mise à jour : 22 avril 2013

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