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Habibou Fofana

HF

Docteur du CEMS

Membre associé au CEMS-IMM/EHESS-CNRS

Coordonnées

habibfof[at]yahoo.fr

Habibou Fofana

A soutenu sa thèse de doctorat intitulée,

 

Mort tragique d’un grand journaliste

L’affaire Norbert Zongo comme analyseur d’une révolte populaire au Burkina Faso

 

Préparée sous la direction de Daniel Cefaï (CEMS-IMM/EHESS) et Louis Quéré (CEMS- IMM/CNRS)

 

Le lundi 15 février 2016, à partir de 14h

En salle 638, 6e étage, le ‘France’, 190 Av. de France 75013

 

 

Devant le jury composé de :

Mme ARQUEMBOURG Jocelyne (Professeure des universités, Sorbonne Nouvelle Paris 3)

M. BANÉGAS Richard (Professeur à Sciences Po CERI)

M. CEFAÏ Daniel (Directeur d’études à l’EHESS)

M. HAGBERG Sten (Professeur à l’Université d’Uppsala)

M. OUEDRAOGO Jean-Bernard (Directeur de recherche au CNRS)

M. QUÉRÉ Louis (Directeur de recherche émérite au CNRS)

 

Présentation de la thèse

Cette thèse porte sur « l’événement » que constitua la « mort suspecte » d’un journaliste burkinabé le 13 décembre 1998, l’émotion collective suscitée par sa brutale disparition, ainsi que le vaste mouvement d’indignation et de protestation sociale porté par divers acteurs exigeant « vérité et justice pour Norbert Zongo et ses compagnons d’infortune ».

Comment expliquer l’ampleur de « l’émotion collective » suite à la « mort suspecte » d’un « simple » journaliste au Burkina Faso, un État où la succession des « régimes d’exception », par la violence militaire, semblait avoir banalisé l’élimination physique de « l’opposant politique » ? Comment le mouvement généralisé de protestation et de défiance qui se constitua contre les représentants du pouvoir d’État a-t-il été possible et comment en rendre compte ? En quoi cette dynamique collective a-t-elle recomposé des clivages et des appartenances politiques, sociaux, culturels, professionnels et générationnels ? Peut-on rapporter cette mobilisation collective à des liens sociaux fédérateurs, non thématisés publiquement, ou non représentés dans les structures institutionnelles officielles de la « République » ? Ou doit-on la percevoir comme un travail collectif, impulsé par l’événement, de formation d’une identité collective et d’une cause commune ? Mais quels en seraient alors les rapports avec ce journaliste qu’était Norbert Zongo ? Comment, enfin, ce « moment subversif » de l’histoire burkinabé articule-t-il des confrontations dans les rues, des débats dans le journal et des délibérations dans l’institution judiciaire ? Telles sont les principales questions auxquelles la thèse essaie d’apporter des réponses, tout en ouvrant des perspectives d’analyse des transformations politiques récentes survenues au « pays des hommes intègres ».

L’argument central est que le vaste mouvement de protestation qui se déclenche excède la seule revendication de justice pour ce journaliste et sert, plus globalement, d’occasion d’une discussion sur l’ordre moral de la communauté étatique burkinabé. Le projet analytique poursuivi, ancré dans un travail empirique d’enquête de terrain, alliant matériaux journalistiques, documents produits par les organisations, données d’archives, entretiens avec divers acteurs, a alors été de faire de l’« événement » devenu « l’affaire Norbert Zongo », un analyseur de la révolte populaire engendrée par cette « mort tragique ».

La thèse est articulée autour de trois grandes parties. La première, intitulée « les figures de l’événement », est à la fois une mise en perspective de l’objet « événement », par un ensemble de questionnements théoriques et épistémologiques, et une description des figures que dessine l’événement dans l’espace local. La seconde partie, « une aventure individuelle de l’association étatique », est une « biographie », au sens de Howard S. Becker, où le parcours individuel de Zongo et la dynamique sociale de la communauté s’éclairent mutuellement, et éclairent le contexte historique, social et politique de l’événement, ainsi que les préoccupations qui le configurent. Enfin, « le moment Zongo », la troisième partie, poursuit l’analyse de la mise en forme et en sens de l’événement entamée dans la première partie. Elle consiste en l’observation de trois principales arènes qui, tout en ayant chacune une relative autonomie, s’interpénètrent, s’influencent et interagissent dans le cours d’une dynamique de revendication de la justice, la « lutte contre l’impunité », qui prendra le nom du « mouvement trop c’est trop ».

 

Mots clefs :événement ; Norbert Zongo ; émotion collective ; mobilisation collective, mouvement trop c’est trop ; impunité ; personnage public ; arène ; journalisme d’investigation ; démocratie ; ordre moral ; espace public ; justice ; critique sociale ; protestation collective ; révolte populaire.

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