CECI n'est pas EXECUTE cems : OP6 / Le travail de l’émotion dans le jugement pratique

OP6 / Le travail de l’émotion dans le jugement pratique

Le travail de l’émotion dans le jugement pratique

Conférence à l’Université de Nice, le 4 avril 2012

Louis Quéré

Élucider le travail des émotions dans le jugement pratique requiert de réviser nombre de nos schèmes habituels.  Le rôle des émotions est en effet souvent appréhendé selon le double modèle de l’influence – les émotions provoquent ceci ou cela – et de l’enchaînement de stimuli et de réactions (arc réflexe). Si on introduit une problématique du travail des émotions c’est pour tenter d’échapper à ces schèmes : 1. en attribuant à celles-ci des opérations et des accomplissements (un faire + des résultats) ; 2. en prenant en compte la temporalité et la sérialité des épisodes émotionnels ; 3. en analysant ceux-ci en termes d’organisation de la conduite, celle-ci étant envisagée non pas comme des successions d’arcs réflexes, mais comme des unités de transactions entre un organisme et son environnement.

Pour ce qui est du jugement pratique, le schème prédominant est celui de la délibération pratique – déterminer l’action à faire –, que les philosophes décrivent à l’aide du syllogisme pratique. En fait, formaliser le raisonnement pratique par revient à simplement donner une traduction linguistique « ex post facto soit d’un acte accompli par l’habitude sans l’intermédiaire du jugement, soit d’un jugement déjà accompli » (Dewey, 1993, p. 238). Le syllogisme pratique, même amendé par Anscombe et Descombes, impose en quelque sorte une forme logique externe soit à des opérations simplement accomplies sur la base des habitudes, soit à un jugement pratique déjà formé selon des modalités autres que le raisonnement (si on considère que celui-ci est discursif). Enfin, s’il est vrai que le jugement pratique génère une action à faire, il est aussi important de noter qu’il produit une nouvelle situation, une situation dont l’indétermination ou le caractère douteux a été réduit. Ce que l’on ne peut pas faire simplement « en jonglant avec des états mentaux » ; il y faut des opérations pratiques. Il convient donc de substituer aux « traductions linguistiques ex post facto » l’examen des opérations effectives par lesquelles se forment des « jugements de pratique ».

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