CECI n'est pas EXECUTE cems : Soutenance Eléonore Lépinard

Soutenance Eléonore Lépinard

Thèse de doctorat dirigée par Rose Marie Lagrave et soutenue par Eléonore Lépinard le 16 décembre 2004 à l’EHESS.

 

Les membres du jury

  • Rose Marie Lagrave - Directrice d'études à l'EHESS, directrice de thèse

  • Jacques Commaille - Directeur de recherche au CNRS, président du jury

  • Jacqueline Heinen - Professeure, Université Versailles - St Quentin, rapporteure

  • Yves Sintomer - Professeur, Université Paris 8, rapporteur

  • Jane Jenson - Professeure titulaire de science politique. Université de Montréal

 

Présentation de la thèse

Le 8 juillet 1999 en Congrès à Versailles, la loi Constitutionnelle (n°99-569) ajoutant à l,article 3 de la Constitution la phrase « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives » était adoptée à une large majorité, 741 parlementaires votant en sa faveur, et 42 s’y opposant, après une décennie d’âpres débats, tout d’abord dans l’espace public, puis au sein de l’arène parlementaire. En effet, la parité a donné lieu à une abondante production de discours, d’interprétations et de contestations du sens de la réforme. Cette singulière prolifération d’argumentaires, produits aussi bien sur la scène militante que dans l’espace public et dans l’arène parlementaire, incite à une approche centrée sur leur rôle dans la légitimation et la mise en livre de la parité. On tient, en effet, que les sens donnés à la notion d’égalité des sexes, les luttes discursives qui les opposent, et les représentations que les acteurs se font de la réforme qui constituent le noyau dur de notre objet. Les discours sont appréhendés ici comme l’expression de représentations sociales ayant trait aux rapports de genre, à la division sociale et sexuelle du travail et de la pratique politique, bref comme la manifestation des « fondements idéologiques et [des] systèmes de légitimation » d’une certaine organisation sociale. Dans cette perspective, les représentations sociales sur 1’égalité, les femmes, le genre ou le système politique qui sous-tendent la réforme paritaire doivent être examinées de façon à déterminer dans quelle mesure elles participent à produire et à reproduire les rapports sociaux de sexe ou si, au contraire, elles permettent leur transformation. Qu’il s’agisse du débat public ou du débat parlementaire, des pratiques politiques locales ou des discours des élus locaux, les catégories mobilisées par les acteurs participent à donner un sens à la réalité, à la nommer et éventuellement à la transformer. En mettant à disposition des acteurs certains sens plutôt que d’autres, les discours interviennent donc sur la réalité qu’ils nomment. Dès lors, les discours qui ont participé à définir, à déchiffrer et à interpréter la parité, ainsi que les représentations sociales qu’ils véhiculent, constituent le matériau principal, mais non exclusif, de notre enquête. La question centrale posée par notre recherche est la suivante : la parité produit-elle de l’égalité des sexes ? et de quelle égalité des sexes s’agit-il ? Autrement dit, parvient-elle à atteindre le but qu’elle s’est fixée, et de quel but s’agit-il ?

 

La question du rôle des discours dans la légitimation et la mise en oeuvre de la parité est abordée selon trois axes d’analyse. La première partie est composée de trois chapitres correspondant aux trois dimensions du débat : académique, public et parlementaire. Le chapitre 1 retrace l’émergence de la notion de parité dans les instances internationales et son appropriation par certaines chercheuses féministes françaises, ainsi que les débats suscités par cette nouvelle formulation de l’égalité des sexes sur la scène de la recherche féministe. Le chapitre 2 aborde les discours de légitimation mobilisés par les militantes en faveur de la parité et leurs transformations successives dans l’espace public sont ainsi analysés en mettant l’accent sur leur mise en conformité avec les grammaires admissibles dénonciation du bien commun. Dans le chapitre 3, la revendication paritaire entre dans l’arène parlementaire où elle est longuement débattue et où le processus de construction des catégories discursives qui vont donner à la réforme sa signification dominante est mis au jour.

 

La deuxième partie de cette recherche est consacrée à la deuxième question : dans quelle mesure les rhétoriques utilisées pour définir, légitimer et institutionnaliser la demande paritaire, analysées dans les trois chapitres précédents, ont-elles déterminé l’application de la réforme ? Pour répondre à cette question, le chapitre 4 examine les discours des élus locaux concernant la mise en oeuvre de la réforme. L’analyse des discours des élus sur la parité, le genre et la question de l’égalité des sexes montre que les termes dans lesquels la loi sur la parité a été énoncée ne sont pas étrangers aux discours mobilisés par les élus et tendent à minimiser le changement social dont la réforme aurait pu être porteuse. Le chapitre 5 nuance cette analyse en quittant le domaine des discours pour celui des pratiques et en faisant entrer en jeu les facteurs institutionnels qui, eux aussi, limitent la portée de la réforme.

 

La dernière partie aborde la question du lien entre moyens et fins, autrement dit comment les revendications d’inclusion à la sphère politique peuvent-elles être victorieuses ? Le chapitre 6 constitue ainsi un retour sur la tension entre égalité et différence qui caractérise les revendications d’inclusion des groupes marginalisés politiquement. Il s’agit de mettre en perspective historique et théorique la réponse imaginée par les tenantes de la parité à ce dilemme, à savoir la revendication de l’égalité dans la différence. Le chapitre 7 clôt cette recherche en explorant la deuxième tension, celle entre les moyens et les fins du réformisme, entre les stratégies déployées par les militantes et les objectifs poursuivis.

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CNRS

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