CECI n'est pas EXECUTE cems : Axe 2 – CEMS

Axe 2 – CEMS

2. Les formes ordinaires d’expression du politique

2.1 – Formuler des revendications pour la démocratie

Poursuivant les travaux menés au CEMS sur les phénomènes de catégorisation et de factualisation qui organisent l’action politique, les événements publics, et la constitution des problèmes publics, Albert Ogien cherchera, en considérant les conditions de la formulation de la revendication d’une « démocratie réelle » (révoltes, protestations, désobéissance civile) à décrire les manières dont il est fait usage en contexte d’action politique des catégories de « politique », de « démocratie », de « peuple », de « violence » et de « jeunesse ». C’est également dans cette perspective que se situe la recherche conduite par Smaïn Laacher et Cédric Terzi sur la sociologie des réseaux sociaux et des modes de protestations publiques tels qu’il s’organisent en Tunisie, Maroc et Algérie, ainsi que celle d’Alain Mahé au sujet de l’ethnographie du mouvement social du printemps 2001 au Maghreb. De son côté, H. Nez contribuera à ce travail en poursuivant ses analyses sur le mouvement du 15 mai en Espagne et ses développements en termes de reconfiguration des modes d’organisation de l’action politique. Le travail de doctorat de S. El Kahlaoui, sur les formes de catégorisation engagées dans les mouvements de démocratisation et de contestation au Maroc (mouvement du 22 février, élections, référendum, émeutes populaires) s’inscrit dans le même projet. L’analyse que Smaïn Laacher consacrera à la définition, par les institutions internationales, d’un nouveau type de migrants comme sujets de droits à l’assistance et à la protection de la communauté internationale (celle de « réfugiés climatiques ») portera un autre éclairage sur l’importance des questions de catégorisation dans le processus de prise de décision politique. Deux recherches doctorales contribueront à la réflexion sur ce thème : G. F. Vavrik examinera les politiques de discrimination positive en Argentine en matière d’accès à l’Université de populations indiennes ; et A. Mak étudiera de façon comparative deux grèves (grève des dockers de 1945 ; grève des mineurs de 1984-85), en les envisageant en tant que fait social total.

2.2 – Espace public et modes de vie

Outre l’expression publique de la contestation, des pratiques opèrent de façon plus souterraine, qui traduisent le désir des citoyens – et plus particulièrement celui des jeunes générations – à adopter des manières de faire et des modes de vies qui s’organisent délibérément hors des formes instituées dans une société. Une partie de ces choix « différents » ou « alternatifs » sont clairement identifiés dans le débat public (écologie, commerce équitable, échanges de services, décroissance, organisation de l’activité productive, etc.). Mais il est également intéressant de comprendre comment ils induisent des expériences de changement, subtiles ou profondes, dans le rapport à l’environnement, au travail, au savoir, à la distribution genrée des rôles, à la consommation et à la citoyenneté. Une série d’études visera à mettre au jour cette forme d’inventivité politique souvent négligée par les recherches sur l’action collective et les mobilisations. Plusieurs recherches viseront à étudier la publicisation de normes, de pratiques et de principes véhiculés par ces expériences. M. Carrel examinera les dispositifs participatifs et l’empowerment des citoyens dans le cadre des politiques portant sur le changement climatique [recherche internationale] et de citoyenneté urbaine [groupe de recherche international]. Geneviève Pruvost s’intéressera au phénomène de la rupture avec un mode de vie consumériste dont la validité est contestée et aux pratiques alternatives que ce retrait suscite. Elle abordera ce terrain dans une perspective féministe en considérant la manière dont la question de la répartition des tâches domestiques est posée publiquement à l’occasion de l’adoption d’un nouveau mode de vie (écoconstruction et chantiers participatifs, communautés de « décroissants » en Inde et aux États-Unis). Le domaine des pratiques sociales « alternatives » est également étudié par A. Lovera, dont la thèse porte sur les dispositifs de finance solidaire, qui tout en adoptant les structures propres au capitalisme en produit une critique « en acte » en appliquant une série de règles et de techniques de financement qui diffèrent délibérément de celles qui sont en vigueur dans l’univers de la banque traditionnelle. A. Southon poursuivra sa recherche sur le changement de pratiques de voyage et de vacances que proposent les organismes de « tourisme durable », en examinant les conflits et paradoxes qu’il soulève.

Alain Cottereau poursuivra le travail de ces dernières années au sujet de l'inventivité politique dans le cadre de son étude du milieu hispano-marocain, en développant une phénoménologie économique baptisée « ethnocomptabilité ». Ce travail vise à rendre visible une économie dite « invisible » et fait ressortir la convergence de formes neuves de vie économique, sous contrainte de crise, avec des formes neuves affichées comme contestation du consumérisme. Quant à Carole Gayet-Viaud conduira deux recherches sur le thème de la civilité urbaine : l’une traitera des modes de traitement de l’incivilité par les professionnels des « métiers du public » (transports publics, administrations de guichet) ; l’autre, de l’expérience publique urbaine ordinaire dans deux situations (associations de parents d’élèves et pratique des jardins partagés).

2.3 – Formes d’expression publique, internet et réseaux sociaux

La multiplication des usages de l’Internet et des réseaux sociaux questionne directement les pratiques politiques de participation et de mobilisation, comme le fonctionnement des médias, les modèles de publicisation qu’ils véhiculent, et le mode d’appropriation de leurs contenus par leurs destinataires (professionnels ou internautes) pour les usages variés qui sont les leurs. Le rôle d’internet et des réseaux de téléphones portables sera étudié de façon détaillée par Smaïn Laacher et Cédric Terzi, dans le cadre de leur enquête de terrain sur les révoltes du Printemps arabe. Sur le second versant de cette thématique, Jean-Marie Charon s’intéressera aux transformations que subissent les médias d’information du fait de l’apparition d’internet et le choix de ces médias traditionnels d’investir cette nouvelle modalité de diffusion de l’information. Dominique Cardon analysera la question de l’espace public numérique à partir de la manière dont internet hiérarchise les informations a posteriori par les discussions auxquelles elles donnent lieu sur le réseau plutôt qu’a priori dans le schéma communicationnel classique géré par des filtres institutionnels (journalistes et éditeurs). Dominique Pasquier consacrera une étude au déclin des prescriptions institutionnelles, à la croissance du rôle des prescriptions profanes, notamment sur les sites en ligne. T. Legon examinera, dans son travail doctoral, la manière dont les lycéens se servent d’internet notamment pour y trouver des ressources permettant de se faire un avis a priori sur des œuvres musicales ou cinématographiques pour pouvoir orienter leurs choix culturels. Dans cette même direction, Monique Dagnaud approfondira ses analyses sur la « culture du web », qu’elle appréhende comme l’expression d’une mutation introduite par la société en réseaux – l’Internet étant envisagé en tant qu’opérateur de la redéfinition de la sphère publique comme celui du rapport des sociétés à elles-mêmes (projet lié au dépôt d’une ERC). À un autre niveau, Julia Velkovska aborde les émotions engagées dans l’usage des formes modernes de communication (internet, téléphone portable, etc.) comme formes spécifiques de l’action, appelant une analyse de leur organisation temporelle et séquentielle et de leurs conséquences sur les situations sociales qui naissent dans ses relations à distance. Quant à Valérie Beaudoin, elle poursuivra l’étude des changements dans les manières de faire qui sont imputables au passage au numérique d’une partie de nos activités sociales (sociabilité, pratiques culturelles et créatives, activités professionnelles).

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