CECI n'est pas EXECUTE cems : Axe 5 – CEMS

Axe 5 – CEMS

5. Travaux de théorie et de méthode

L’orientation analytique adoptée par le CEMS est celle du pluralisme méthodologique. Cette option ne se réduit pas à un simple bricolage. C’est une démarche exigeante qui, en raison de la nature pluraliste des phénomènes sociaux, consiste à refuser d’aligner la recherche sur une tradition unique ou de se refermer dans les limites d’une école théorique. Elle a permis – et continue à permettre – de faire dialoguer et d’enrichir la démarche sociologique en la frottant de façon rigoureuse à d’autres perspectives de recherche (ethnométhodologie, phénoménologie, pragmatisme, herméneutique, théories de la perception, théories de la communication, pragmatique, philosophie du langage ordinaire). Le pluralisme n’est pas non plus la dispersion. Les recherches menées au CEMS sur la constitution de l’espace public démocratique s’articulent autour d’un certain nombre de principes de méthode qui dictent la démarche analytique et permettent l’échange et la fécondation mutuelle. Il s’agit donc de se rendre attentif aux conditions et modalités de production de l’ordre social de l’intérieur même de la société ; d’analyser les procédures d’attribution de signification par les acteurs ; de décrire la mise en œuvre d’une enquête par des acteurs engagés dans la construction de problèmes publics ; de porter intérêt à l’intelligibilité accomplie du monde social telle qu’elle émerge des activités situées des membres de la société ; à analyser la place de la connaissance ordinaire des structures sociales et du savoir-faire politique des membres d’une collectivité. Il s’agit également de prendre pleinement en ligne de compte la place que l’enquête sociologique tient dans l’entreprise qui consiste à décrire et analyser les éléments constitutifs de la rationalité de l’action sociale et de l’ordre social. C’est dans cette perspective que Daniel Cefaï mènera deux recherches : la première vise à questionner la pratique de l’ethnographie conçue non pas comme une simple méthode de recueil de données, mais bien plutôt comme une manière d’appréhender différemment les objets de science politique (les élections, les liens de représentation, le fonctionnement de l’administration, les dispositifs de participation…) ou d’en faire émerger de nouveaux (repérer les catégorisations situées et les frontières morales de groupes de « classe » ou de « race » ; décrire des collectifs en train de se faire dans des mobilisations ; analyser les rituels et symbolismes politiques ; rendre compte de rassemblements, conversations et rencontres à portée politique) ; la seconde examinera les usages de la notion de public dans les sciences sociales dans la littérature du début du XXe siècle jusqu’aux années 1930, envisagés comme un laboratoire d’idées et de réalisations concrètes pour la production d’enquêtes ultérieures sur l’action publique, les problèmes sociaux et les mobilisations collectives.

Cette analyse des conditions socio-historiques de genèse des concepts et outils d’enquêtes sociales est à rapprocher de celle que Claude Rosental mènera sur l’adaptation des principes de la logique formelle dans l’analyse sociologique, et plus généralement l’articulation entre modes de penser la société et manières de faire de la science. Dans une veine historique comparative et dans un registre ethnologique, Alain Mahé, en collaboration avec Stéphane Bacciochi et Alain Cottereau, s’intéressera aux travaux des successeurs de Frédéric Leplay dans le cadre d’un projet de recherche d’histoire des sciences qui vise à examiner les enquêtes leplaysiennes au Maghreb et au Machrek au XIXe siècle et à mettre en perspective ces premiers travaux d’anthropologie culturelle avec la situation et les pratiques des sciences sociales contemporaines. Dans une perspective proche, un autre chantier sera ouvert en 2012, coordonné par C. Dejours au CNAM, auquel Alain Cottereau participe avec des doctorants, relançant une anthropologie du travail où s’articulent la psycho-dynamique du travail et les sciences sociales sur des bases d’enquête redéfinies après une dizaine d’années d’expérience. Craole Gayet-Viaud et Stéphane Baciocchi conduiront une enquête d’histoire des sciences sociales portant sur l’œuvre de Durkheim et le statut de la morale, et sa pensée de l’école et de sa place dans la formation morale et dans la démocratie. La confrontation et la fécondation mutuelle entre sociologie et philosophie est un point fort du CEMS. Elles se trouvent au cœur du projet de Johann Michel qui vise, dans ses travaux comme dans le cadre d’un colloque à venir, à montrer la pertinence de l’herméneutique et de l’épistémologie de Ricœur pour les sciences sociales et politiques. D’autres recherches s’inscrivent dans cette perspective : celle de M.-A. Vallée sur la question de l’être chez Ricœur essentiellement entendu comme relation ; celle d’A. Borisenkova sur « l’événement critique » ; celle de D. Le Duc Tiaha, sur l’apport de la phénoménologie herméneutique aux sciences sociales. Dans un même souci de confrontation, Albert Ogien coordonnera un projet européen qui se déroulera sur trois ans (avec des équipes de sociologues et de philosophes allemands et italiens, dans le cadre des ateliers de la Villa Vigoni – FMSH) et sera consacré à la question de l’importance du pragmatisme pour les sciences sociales. Ce projet sera poursuivi au sein du CEMS grâce à l’accueil, durant les deux prochaines années, de Roberto Frega (sur une bourse Marie Curie) spécialiste du Pragmatisme et co-éditeur du European Journal of Pragmatism and American Philosophy. Enfin le numérique ne sera pas absent de cette réflexion des sciences sociales sur elles-mêmes, notamment à travers les recherches engagées par Valérie Beaudoin sur le rôle des technologies de l’information comme outils pour les sciences sociales (Digital Humanities).

EHESS
CNRS

flux rss  Actualités

La construction sociale du lait. Du lait de femme au lait de vache

Journée(s) d'étude - Mercredi 10 mai 2017 - 08:30 Cette journée d’étude a pour but de faire se confronter les perspectives développées par différentes sciences humaines et sociales sur le lait afin d’appréhender les relations réciproques du politique et du social qui se développent autour de cet (...)(...)

Lire la suite

Finance as a response to global environmental crises? Critical analysis of the ‘economicization’ of carbon emissions and biodiversity

Appel à communication - Lundi 22 mai 2017 - 20:00A conference hosted by theCentre for Globalisation and Governance, Universität Hamburg, GermanyDates: 29 Nov-1 Dec 2017Conveners: Eve Chiapello (EHESS Paris) and Anita Engels (Universität Hamburg)Submission deadline for paper proposals: 22 May 201 (...)(...)

Lire la suite

3ème édition des Rencontres Annuelles d'Ethnographie (RAE)

Journée(s) d'étude - Jeudi 24 novembre 2016 - 09:003ème édition des Rencontres Annuelles d'Ethnographie (RAE).Organisées autour de 13 ateliers thématiques réunissant des doctorant.e.s et des chercheur.e.s de différentes disciplines en sciences sociales pour échanger sur la pratique de l'ethnogra (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

Centre d'étude des mouvements sociaux – Institut Marcel Mauss

CEMS–IMM/UMR-8178

190-198 Avenue de France 75013 Paris
Tel.: +33 (0)1 49 54 25 86
        +33 (0)1 49 54 25 95
Fax: +33 (0)1 49 54 26 70
cems@ehess.fr

 

! Attention, à partir du 1er avril 2017, le siège de l'EHESS revient au 54 boulevard Raspail, 75006 Paris. Dès cette date, les envois postaux et les livraisons devront se faire à cette adresse !