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Ecole thématique CNRS 2015

 

Ecole thématique CNRS 2015

Le pragmatisme dans les sciences sociales:
traditions, usages, nouveaux défis

La Vieille Perrotine Ile d’Oléron - Charente-Maritime

22-27 juin 2015


L’école thématique « Pragma » est organisé par : UMR 8178 Institut Marcel Mauss, UMR 5206 Triangle, UMR 8097 Centre Maurice Halbwachs, USR 3609 République des savoirs, UMR 8218 Institut Acte, EA 4187 Institut de Recherches Philosophiques de Lyon, Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (PhiCo, EA 3562).

Elle bénéficie en outre du soutien scientifique de Pragmata – Association d’études pragmatistes.

* * *

Programme

 

♦ Lundi 22 juin 2015

→ Après-midi 17.30-19.30

• Ouverture de l’école thématique et groupes de travail

• Introduction au pragmatisme.

 

Mardi 23 juin 2015

→ Matin 9.30-12.30

• Séance 1 = Antoine Hennion, « Médiation/traduction, agencement/attachement : ce que la culture fait à l’ANT ! »

• Séance 2 = Alexandra Bidet, Carole Gayet, Erwan Le Méner, « Analyser l’expérience citoyenne: quels apports du pragmatisme ? »

 

→ Après-midi 15-19.30

Première partie 15-17.30

• Séance 1 = Roberto Frega, Roberto Gronda, « Le pragmatisme comme philosophie sociale et politique »

• Séance 2 = Stéphane Madelrieux, Claude Gautier, « L'influence de Darwin sur le naturalisme des pragma-tistes »

Seconde partie 18-19.30

• Présentation travaux en cours

 

♦ Mercredi 24 juin 2015

→ Matin 9.30-12.30

• Séance 1 = Sandra Laugier, Sarin Marchetti, « La philosophie morale américaine du perfectionnisme au pragmatisme »

• Séance 2 = Daniel Cefai, Joan Stavo-Debauge, « Politique et enquête en sciences sociales : en quoi la réception des pragmatismes fait-elle une différence ? »

 

→ Après-midi 15-19.30

• Après-midi libre

 

♦ Jeudi 25 juin 2015

→ Matin 9.30-12.30

• Séance 1 = Philippe Gonzalez, Joan Stavo-Debauge, « Religion et pragmatisme: une lecture deweyenne et deux enquêtes »

• Séance 2 = Stéphane Madelrieux, Claude Gautier, « L'influence de Darwin sur le naturalisme des pragma-tistes »

 

→ Après-midi 15-19.30

Première partie 15-17.30

• Séance 1 = Nicolas Auray, Sylvaine Bulle : « Emprises, prises et 'milieux rebelles'. Pour une sociologie des prises critiques »

• Séance 2 = Daniel Cefaï, Philippe Gonzalez, « Atelier de lecture: au-delà de Mead et de Dewey: relire les auteurs des années 1920 »

Seconde partie 18-19.30

• Présentation travaux en cours

 

Vendredi 26 juin 2015

→ Matin 9.30-12.30

• Séance 1 = Nicolas Auray, Sylvaine Bulle, Pedro Garcia Sanchez, « Atelier de lectures : l'enquête et ses statuts, de l'enquête ordinaire au travail sociologique »

• Séance 2 = Sandra Laugier, Sarin Marchetti, « La philosophie morale américaine du perfectionnisme au pragmatisme »

 

→ Après-midi 15-19.30

Première partie 15-17.30

• Séance 1 = Roberto Frega, Roberto Gronda, « Le pragmatisme comme philosophie sociale et politique »

• Séance 2 = Mathias Girel, Albert Ogien, « Doute, ignorance, enquête : les éléments d’une épistémologie pragmatiste »

Seconde partie 18-19.30

• Présentation travaux en cours

 

Samedi 27 juin 2015

→ Matin 9.30-12.30

• Séance 1 = Mathias Girel, Albert Ogien, « Doute, ignorance, enquête: les éléments d’une épistémologie pragmatiste »

• Séance 2 = Alexandra Bidet, Carole Gayet, Erwan Le Méner: « Atelier de lecture : retour sur la notion d'expérience politique /morale /esthétique »

 

→ 13h repas et fin de l’école

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Sujets des séminaires

 

♦ Roberto Frega, Roberto Gronda, « Le pragmatisme comme philosophie sociale et politique ».

La philosophie sociale et politique pragmatiste jouit aujourd’hui d’un véritable regain d’intérêt qui investit les théories de la démocratie et des institutions, ainsi que les théories de la société qui sont à la base de notre compréhension du politique. Cet atelier, consacré à la philosophie sociale et politique pragmatiste, se propose d’approfondir les principales lignes théoriques qui structurent ce débat au sein de la tradition pragmatiste. La première partie de l’atelier portera notamment sur les conceptions pragmatistes de la démocratie qui ont été développées par John Dewey, Jane Addams, et Mary Parker Follett. La seconde partie sera consacrée à la philosophie sociale de John Dewey, à partir de la présentation, lecture et discussion des cours de philoso-phie sociale et politique donnés par Dewey en Chine en 1921, dont le manuscrit original vient d’être retrouvé.

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♦ Alexandra Bidet, Carole Gayet, Erwan Le Méner, « Analyser l’expérience citoyenne: quels apports du pragmatisme ? »

Le workshop s'interrogera sur les manières possibles de penser la citoyenneté comme expé-rience. En quoi la tradition pragmatiste peut-elle nous aider à saisir les dimensions temporelles, situées et incarnées du rapport aux autres et au monde, et à porter une attention particulière aux formes et aux enjeux de l’engagement (en) public? Quels appuis une ethnographie de la ci-toyenneté peut-elle trouver dans les sociologies qui s'inspirent de cette tradition ? Il s'agira de se pencher sur des textes classiques de la philosophie pragmatiste pour examiner les pistes qu'ils peuvent offrir à un tel projet, qui implique de retravailler les notions d’expérience, de citoyenne-té, de publicité, mais aussi les relations entre perception, émotions, évaluations et action. Ce workshop s'appuiera sur des enquêtes empiriques en cours pour mettre à l'épreuve ces diffé-rentes pistes d'analyse.

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♦ Sandra Laugier, Sarin Marchetti, « Quelques conséquences nouvelles (ou pas) du pragmatisme : approches hétérodoxes en éthique et en politique ».

Ce séminaire se propose d’introduire les participants aux théories éthiques dans la philosophie américaine, afin d’en montrer les principaux éléments d’originalité. Dans cet atelier on se pro-pose ainsi de montrer dans quel sens on peut parler d’une «autre» philosophie politique améri-caine, irréductible aux courants libéraux ou républicains qui en ont traditionnellement constitué la charpente. On montrera donc comment le pragmatisme, avec son ancêtre transcendantaliste et son héritier wittgensteinien, est actuellement une source de renouvellement et d'hétérodoxie dans le domaine éthique et politique. On se demandera aussi quels sont les traits commun de ce courant « américain », pour pouvoir enfin se demander si les diverses formes actuelles de ce renouvellement sont réellement compatibles.

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♦ Daniel Cefai, Joan Stavo-Debauge, « Politique et enquête en sciences sociales : en quoi la réception des pragmatismes fait-elle une différence ? »

Pourquoi le pragmatisme ? Et comment ? Quels sont les éléments du pragmatisme qui ont été reçus et repris en sciences sociales en France ? Et qu’ont-ils permis de voir, de dire ou de comprendre de nouveau par rapport à ce qui précédait ? Dans ce séminaire, nous nous efforce-rons de passer en revue quelques moments de cette réception (en particulier au CEMS et au GSPM, mais aussi dans d’autres contextes) et de rendre compte de quels auteurs et quels textes ont été lus, ce qui en a été retenu, par qui et pour en faire quoi. En particulier, nous nous de-manderons ce que la lecture de Peirce ou Dewey, Mead ou Park, et de quelques autres auteurs moins cités, a apporté à une conception du politique et comment elle a été mise à l’épreuve dans des enquêtes sur les espaces publics et l’expérience urbaine, les mobilisations collectives et les problèmes publics, les publics médiatiques et les controverses autour de la religion, les micro-politiques du trouble… En retour, nous nous demanderons en quoi des recherches contempo-raines en sciences sociales permettent d’enrichir les conceptions du public, de l’expérience ou de l’action qui étaient celles des pragmatistes du début du XXe siècle.

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♦ Mathias Girel, Albert Ogien, « Doute, ignorance, enquête: les éléments d’une épistémologie pragmatiste ».

Dans ce workshop nous allons présenter quelques éléments constitutifs d’une épistémologie pragmatiste (en particulier sur la question de la vérité et du doute) pour en montrer ensuite certaines applications plus empiriques, notamment dans le cadre de l’étude des controverses scientifiques. La publication récente en français de Golden Holocaust de Robert Proctor et les batailles autour du problème public des effets du tabac seront l’un des points d’entrée dans ce dossier. Le développement d’une réflexion sur l’agnotologie et sur les « faiseurs de doute » (doubt-mongers) montre à la fois la pertinence d’une réflexion pragmatiste pour ces questions et sa puissance de critique politique de certaines « perversions/ pathologies » du public, de l’enquête et de l’argumentation.

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♦ Stéphane Madelrieux, Claude Gautier, « L'influence de Darwin sur le naturalisme des pragmatistes ».

Dewey voyait dans l’Origine des espèces l’incarnation d’une manière radicalement nouvelle et critique de penser et de débusquer les faux problèmes. Cette influence, à ses yeux, ne devait pas consister dans une thèse spécifique comme le darwinisme social ; elle devait impliquer les principes d’une méthode de pensée, les habitudes d’une reconstruction généalogique des pro-blèmes. Cette méthode devait à son tour bouleverser en profondeur notre manière de poser et de résoudre les problèmes logiques de la connaissance, les questions morales et politiques. Nous souhaiterions donc, dans cet atelier, revenir sur l’importance de cette « influence » de Darwin pour en mesurer les effets sur ce que l’on désigne habituellement par le « naturalisme » des pragmatistes. Nous nous efforcerons, également, d’en mesurer la portée et la fécondité sur la manière non moins radicale et non moins critique de poser certaines des questions propres à la philosophie morale et politique.

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♦ Nicolas Auray, Sylvaine Bulle, « Entre emprises et milieux "rebelles". Pour une sociologie des prises critiques ».

Qu’ajoute une approche pragmatique et pragmatiste (de Dewey à Chateauraynaud) à la sociologie des mouvements sociaux et à la sociologie critique? Nous partirons de nos corpus d’enquêtes pour interroger le mouvement critique et socio-logique à l’œuvre dans un certain nombre de mouvements « de contestation ». On examinera notamment la rupture descriptive entreprise par ces mouvements dans leur dimension de gestualité et de directéité, la constitution de milieux propres à un agir critique et prenant appui sur des environnements menacés et réévalués et, enfin, la mise à l’épreuve des Etats et la catégorie du politique par des communau-tés d'enquêteurs.
On mobilisera d’une part des terrains ouverts depuis 2011 où les institutions du pouvoir sont remises en cause à travers une critique radicale. L'enquête y suit des mobilisations prenant place dans des lieux où l'Etat est contesté et où existent des disputes : Roumanie (mobilisation de Rosia Montana), tribunal populaire en Israël, "alter-occupations" (Israël et Territoires Palestiniens)
On s’appuiera d’autre part sur une enquête menée sur le mouvement des "ma-kers" (des lieux dédiés à l'apprentissage (Hacker Schools) et un collectif de travail par projet de forme communautaire destiné à lutter contre la surveillance de masse de l'Internet (TOR)). Ce mouvement magnifie le lien entre la recherche d'autonomie et les utopies concrètes à travers la construction, pour évaluer les personnes et leurs activités, d'épreuves relâchées. L’enquête se demande ici dans quelles conditions s'édifient des passages entre ces activités (proches du bricolage) et une critique, du marché ou du capitalisme.

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♦ Joan Stavo-Debauge, Philippe Gonzalez, « Religion et pragmatisme: une lecture deweyenne et deux enquêtes ».

Notre intervention commencera par revenir sur les courts textes de John Dewey récemment traduits dans le dernier volume de « Raisons pratiques », Quel âge post-séculier? Nous évoquerons les raisons qui ont présidé au choix de ces textes et restituerons le contexte intellectuel, politique et social au sein duquel les interven-tions de John Dewey prenaient place. Ces interventions visaient à garantir la pri-mauté de la « méthode de l’enquête » à l’encontre du regain d’un surnaturalisme émanant d’acteurs visant à fonder l’ordre social sur une morale et une ontologie religieuses. Dans un second temps, nous montrerons les prolongements de ces populismes théocrates, et notamment la cristallisation de leur cause autour du créationnisme, dès le début du 20e siècle et jusqu’à nos jours. Ces acteurs jouent un rôle éminent dans la politique américaine et favorisent la globalisation d’un intégralisme religieux réactionnaire. Nous mêlerons ainsi nos enquêtes respectives sur la fabrication du débat sur le « post-séculier » et sur la politisation des évangé-liques autour « dominion », ou le mandat des chrétiens à dominer la société. Ces deux enquêtes convergent sur le rôle du créationnisme comme outil de fondamen-talisation et comme véhicule de la désécularisation des appuis du jugement public.

 

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Contact: Roberto Frega - fregarob@gmail.com

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