CECI n'est pas EXECUTE cems : Caméras politiques

Caméras politiques

Daniel Cefaï, directeur d'études à l'EHESS (TH) ( IMM-CEMS )

Perrine Poupin, docteure

Nicole Brenez, professeur à l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3/LIRA (TH) ( Hors EHESS )

Ferenc Gróf, enseignant-chercheur à l'École nationale supérieure d’art de Bourges ( Hors EHESS )

Jonathan Larcher, doctorant à l'EHESS ( CRAL )

Éric Wittersheim, maître de conférences à l'EHESS ( IRIS )

Dates et lieu

Jeudi 15 décembre 2016, de 13 h à 18 h : salle du conseil A (bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris)

Jeudi 26 janvier 2017, de 13 h à 18 h : salle 8 (105 bd Raspail 75006 Paris)

Jeudi 23 février 2017, de 13 h à 18 h : salle 8 (105 bd Raspail 75006 Paris)

Vendredi 24 février 2017, de 9 h à 17 h : salle M. & D. Lombard (96 bd Raspail 75006 Paris)

Mercredi 22 mars 2017, de 13 h à 17 h : salle 13 (105 bd Raspail 75006 Paris)

Mercredi 26 avril 2017, de 13 h à 18 h : salle M. & D. Lombard (96 bd Raspail 75006 Paris)

Mercredi 17 mai 2017, de 13h à 18h : salle 13 (105 Bd Raspail 75006 Paris)

 

Présentation du séminaire

Le projet Caméras politiques est hébergé par la Maison des Sciences de l’Homme et résulte d’une coopération avec des chercheurs de l’EHESS. Il propose un dialogue entre arts et sciences humaines et sociales, plus spécialement entre cinéma et ethnographie visuelle. L’objectif en est la confrontation entre les pratiques et les engagements de chercheurs et d’artistes, à partir de films qui abordent explicitement la question du politique, mais aussi de récits de pratiques, d'observations et d'analyses de leurs réalisateurs.

Le projet de recherche s'organise autour des deux axes 1) Problèmes publics et mobilisations sociales, et 2) Auto-représentations et représentations participantes. Ces axes sont déployés en six séances, organisées autour de différents cinéastes, militants et chercheurs, engagés sur des terrains similaires, ou partageant des méthodes de travail identiques.

Problèmes publics et mobilisations collectives

Quels sont la place et le rôle des productions filmiques dans des mobilisations collectives, comme médium d’engagement pour des causes publiques? De quelles façons et dans quelles situations les productions filmiques deviennent-elles à la fois le support, l’enjeu, le vecteur et le miroir de mobilisations sociales ? L’analyse se fera à deux niveaux : l’étude des productions filmiques et la réception de celles-ci. Du côté du travail cinématographique, nous étudierons comment les images convoquent des événements en tant que sources, preuves et traces de mises en récit. Nos échanges réuniront des éléments indispensables à une compréhension fine des contraintes de production et des choix de formes impliqués dans les expériences de création du cinéma politique. Prendre au sérieux les ambitions et les accomplissements du cinéma politique implique une question : comment et par quels moyens les images cinématographiques deviennent-elles des embrayeurs de paroles critiques dans différents espaces publics ? Dans quelle mesure contribuent-elles à la formation d’expériences alternatives ? Dans quels cas ont-elles pu jouer une part cruciale dans des mobilisations collectives? Quel sens du « politique » est en jeu dans de tels engagements ?  Cela implique d’enquêter sur les circuits de diffusion et sur les lieux de réception des œuvres par leurs publics. Les séances de travail seront ainsi l'occasion de réfléchir aux conditions matérielles et institutionnelles dans lesquelles se développent les activités des cinéastes, qu'ils soient artistes, militants ou chercheurs.

Autoreprésentations et représentations participantes

Depuis quelques années, les cinéastes et les chercheurs qui font d'un film le champ d'une enquête font état d'une situation inédite et paradoxale. Si les pratiques de fabrication d'images vernaculaires se sont massivement répandues, la position de l’observateur avec une caméra, en retrait des situations filmées, est devenue moins évidente. En effet, la visibilité de l'activité du cinéaste et la plus grande accessibilité de ses productions visuelles exposent l'enquêteur et le cinéaste à une instrumentalisation de leur regard par les personnes filmées elles-mêmes. Ces formes de réappropriation sont instruites par une connaissance plus ou moins fine des rapports de force, de sens et de pouvoir constitutifs des relations entre les personnes filmées et les vidéastes. Un souhait de parité est désormais exprimé et un droit de regard parfois exigé par les personnes filmées. Il nous faudra enquêter sur ces nouvelles logiques de production et de circulation des images qui entraînent de nouvelles transactions entre personnes filmées et vidéastes. Dans les pays anglophones, le concept de « souveraineté visuelle » tente d'appréhender les stratégies de résistance postcoloniale, les pratiques d’autoreprésentation et les luttes contre les stéréotypes. Ce concept doit être soumis à la discussion et pointe vers un désir d’autonomie de la part de certaines minorités visibles, tels les Romani (Roms/Tsiganes), soucieuses de garder le contrôle de leur image.

Ce projet mobilise différentes disciplines dont l’ethnographie visuelle et l’ethnographie politique et implique une vision pragmatiste de l’enquête et de l’action. Il engage un dialogue étroit avec les historiens et théoriciens du cinéma qui œuvrent à une historiographie visuelle et sociale des cinématographies politiques. Par un travail de curation collective, l’un de ses objectifs sera de produire un état de l’art de ces cinématographies et de constituer un corpus de films qui problématisent l’enquête visuelle en sciences sociales et l’expérience des images par les personnes filmées.

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Direction de travaux d'étudiants : s'adresser aux enseignants en fin de séminaire.

Réception : envoyer les demandes d'information aux adresses suivantes : larcherj(at)hotmail.fr et perrine123456(at)yahoo.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : larcherj(at)hotmail.fr, perrine123456(at)yahoo.fr

Page liée sur le site de l’EHESS : https://enseignements-2016.ehess.fr/2016/ue/1786/

Page liée sur ACADEMIA : https://www.academia.edu/30221054/Cam%C3%A9ras_politiques_s%C3%A9minaire_colloque_2016-2017_

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Programme

⇒ Séance 1

Jeudi 15 décembre (13h00-18h00)
EHESS, 190 av. France, Salle du conseil A

Un cinéma des problèmes publics. Expérience et mobilisation par l’image

L’histoire des cinématographies politiques est ponctuée de gestes et d’inventions par- ticipant à l’énonciation puis la formation de « problèmes publics ». Conçus au sein des mouvements sociaux, ces pratiques filmiques prennent forme pour contribuer aux dynamiques d’enquête et de “publicisation” dans lesquelles filmeurs et filmés sont engagés. Des coopératives historiques du cinéma anarchiste aux collectifs des Newsreel, cinéastes et militants ont travaillé à leur indépendance vis-à-vis des regards conventionnés sur les sujets d’“actualité” et des circuits de production et distribution balisés par les industries culturelles. Autant d’expérimentations empiriques et formelles dont les praticiens du cinéma politique se sont inspirés dans leur documentation des violences policières (Decaster), de la santé au travail dans l’industrie du nucléaire ( Jacquemain) et des ressorts et effets sociaux de la métamorphose d’une ville en capitale culturelle (Burlaud).

♦ Luc Decaster (cinéaste)

♦ Marie Ghis (EHESS-IMM/CEMS) à propos de Condamnés à réussir (1976) de François Jacquemain en présence du cinéaste [sous réserve]

♦ Nicolas Burlaud (monteur, cinéaste) et Thomas Hakenholz (co-responsable de PRIMITIVI)

discutants

  • Daniel Cefaï (EHESS-IMM/CEMS)
  • Sébastien Layerle (Paris III Sorbonne Nouvelle-IRCAV)
  • Catherine Roudé (Paris I Panthéon Sorbonne-HiCSA)
  • Omar Slaouti (Collectif Ali Ziri) [sous réserve]
     

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Séance 2

Jeudi 26 janvier (13h00-18h00)
EHESS, 105 bd Raspail, Salle 8

Politiques des images et auto-ethnographie. Esquisse d’une caméra décoloniale

Politics of Images and Auto-Ethnography. Drawing of a Decolonial Camera

Depuis plus d’une décennie les esthétiques décoloniales (natives, sud-américaines, africaines), figurent les situations et les expériences décoloniales de manière inédite. Le chantier ouvert par les cinéastes et plasticiens de cette séance prolonge ce renversement de perspective tout en le concentrant sur un objet spécifique: décoloniser le cinéma et les arts. Par le remploi d’imageries, l’usage d’archives personnelles, la subversion des conventions iconographiques et des catégories ethniques produites par le cinéma de genre, ou les littératures d’enquêtes, cinéastes et plasticiens retournent les injonctions figuratives et technologiques des arts filmiques et vidéographiques. Les expériences romani (Gypsies/Tsiganes), afro-américaines, haïtiennes, portugaises, ghanéennes proposées pour cette séance offrent une perspective décoloniale sur les pratiques filmiques les plus communes en sciences sociales.

♦ Delaine Le Bas (plasticienne, vidéaste)

♦ Charles Newland (vidéaste, journaliste au Traveller’s Times, programmateur)

♦ Phillip Osborne (vidéaste, photographe)

♦ Damian James Le Bas (vidéaste, écrivain, journaliste)

♦ Louis Henderson (cinéaste)

♦ José Vieira (cinéaste)

discutants

  • Ilsen About (CNRS-Centre Georg Simmel)
  • Raquel Shefer (cinéaste, Paris III Sorbonne nouvelle-LIRA)

 

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Séance 3 – COLLOQUE (21 février – 24 février)

Cinémas d’insurrection. Expériences et images singulières en situation de conflits et post-conflits

Ce colloque est l’aboutissement d’un premier travail de recherche et de rencontre conduit avec des cinéastes et militants filmant de manière atypique les situations de conflits et post-conflits depuis plusieurs années ou décennies. L’objectif de ce colloque est donc de confronter les pratiques et les engagements d’artistes et de chercheurs enquêtant sur les mêmes situations de mobilisations ou de résistances armées, et sur la mémoire et l’amnésie constitutive de l’expérience historique des situations de post-conflits. Ces pratiques filmiques contemporaines regroupées sous le terme Cinémas d’insurrection nous permettront de faire un pas de côté par rapport aux études sur les images en mouvement de la guerre qui se concentrent principalement sur les archives filmiques, les productions visuelles du complexe militaro-industriel, ou encore la rémanence des images de conflits armés dans les industries culturelles ou l’art contemporain et les avant-gardes. Ces pratiques filmiques problématisent à nouveau frais la place des images analogiques dans les luttes armées et le temps long des situations de post-conflits. Elles peuvent aussi inspirer les sciences sociales par leurs positions et leurs observations au plus proche des expériences de leurs interlocuteurs. En plaçant les travaux de ces cinéastes au centre des interventions, ce colloque entend réinterroger les modes et types de savoir produits par l’image
 

→ Mercredi 22 février (18h00-23h30)

Centre Pompidou, Cinéma 1

Projection du film WAKE (SUBIC) (USA, 2015, 277’)

- première française
En présence du réalisateur John Gianvito
Présentation et introduction par Nicole Brenez (Paris III)
 

→ Jeudi 23 février (13h00–17h30)

INHA, Auditorium

Résistances et conflits armés

♦ Collectif de vidéastes BABYLON’ 13 (Ukraine)
discutantes: isabelle Marinone (Université de Bourgogne); Anne Le Huérou (Paris Ouest)

 

→ Vendredi 24 février (9h00–17h30)

INHA, Salle Vasari

Traces et mémoires de la guerre

♦ Clarisse Hahn (cinéaste, plasticienne, ENSAD)
discutant: Olivier Grojean (Paris I - Panthéon Sorbonne)

♦ Stéphane Breton (cinéaste, EHESS)
discutants: Arthur Quesnay (Paris I - Panthéon Sorbonne), Jonathan Larcher (EHESS)

♦ Édouard Beau (cinéaste, photographe de guerre)
discutante: Cécile Boëx (EHESS)

♦ John Gianvito (cinéaste, Emerson College)
discutant: Éric Wittersheim (EHESS)
 

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⇒ Séance 4

Mercredi 22 mars (13h00-17h00)
EHESS, 105 bd Raspail, Salle 13


Représentations participantes, filmer en terrains surbattus

Cinéastes et ethnographes font de plus en plus fréquemment l’expérience de situations de tournage ou d’enquête saturées de représentations, d’imageries et de pratiques filmiques aux antipodes de leur démarche. Ces terrains, zones ou quartiers surbattus par le documentaire social ou le reportage télévisuel sont aussi très souvent délaissés par les politiques publiques ou directement frappés par des politiques de réaménagement néolibérales. Cinéastes et ethnographes sont dès lors sommés de réinventer des gestes et des dispositifs filmiques, et d’élaborer de nouvelles formes de symétrisation des positions du filmeur et des filmés. En travaillant de manière singulière avec les résidents des quartiers populaires de Marseille, des Mureaux en Île-de-France ou de la métropole lilloise, les intervenants de cette séance reproblématisent les approches essentialistes de ces situations tout en dressant un panorama singulier des représentations cinématographiques participantes.


♦ Pilar Arcila (cinéaste et photographe), Jean-Marc Lamoure (cinéaste)

♦ Olivier Pagani (cinéaste, instituteur)

♦ Grégory Cohen (cinéaste, Université d’Evry-Centre Pierre Naville)

discutante

  • Norah Benarrosh-Orsoni (EHESS-CETOBAC)
     

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⇒ Séance 5

Mercredi 26 avril (13h00-18h00)
EHESS, 96 bd Raspail, Salle Lombard

Filmer en manifestation

La manifestation, comme tout « mouvement de masse », est « une forme d’organisation humaine qui convient parfaitement à la caméra » (Benjamin, 1939). Une appréhension rapide de son importance dans l’histoire visuelle des mouvements sociaux pourrait la réduire à une simple imagerie alors que cinéastes et vidéastes expérimentent constamment des manières de filmer les expériences de ces rassemblements sans les réduire à des masses, des foules, ou des ensemble de motifs. Cet enjeu formel du film en manifestation est indissociable de son utilisation comme document, comme outil d’action directe – mais en retrait des actions directes qui jalonnent les mobilisations – comme ressource pour une variété d’activités de publicisation et de débat. Les intervenants de cette séance nous présenteront leurs travaux (films, expositions, archives visuelles) effectués dans ces interstices.


♦ Anna Salzberg (cinéaste, monteuse), Mehdi Ahoudig (auteur pour Arte Radio et France Culture)

♦ Camille Robert (réalisatrice à Doc du réel)

♦ Matthieu Bareyre (cinéaste), Thibault Dufait (cinéaste)

discutantes

  • Noémie Oxley (EHESS-CRAL/AUP)
  • Perrine Poupin (EHESS-IMM/CEMS)

 

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⇒ Séance 6

Mercredi 17 mai (13h00-18h00)
EHESS, 105 bd Raspail, Salle 13


Notre-Dames-des-Landes et Nuit Debout, des Zones à Défendre par le film

Dans le prolongement de la séquence des mouvements d’occupation, commencée notamment sur les campus universitaires en France et aux États-Unis dès le milieu des années 2000, les mobilisations qui ont abouti à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et à Nuit Debout ont donné lieu à de nombreuses pratiques filmiques et vidéographiques. Par leur attention aux interactions et aux paroles en situation, ou leur articulation inédite entre documents, archives et performances, les intervenants de cette séance travaillent à constituer des approches singulières de ces mouvements sociaux. Éminemment performatives, les pratiques cinématographiques en situations d’occupation sont ainsi pensées à partir des échanges et des relations qui s’expérimentent par la fabrication du film. C’est dans cette constante articulation entre le film – ou la vidéo – et la pluralité des luttes, des positions et des modes d’action que nous reviendrons sur les expériences de la ZAD et de #NuitDebout.


♦ Mariana Otero (cinéaste)

♦ Bruno Giuliani (cinéaste)

♦ Les scotcheuses (collectif de militants et cinéastes) [sous réserve]

discutant

  • Gabriel Bortzmeyer (Paris VIII Saint Denis-ESTCA)
EHESS
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