CECI n'est pas EXECUTE cems : Technologies reproductives et d'enfantement : régulations du risque, gouvernement du corps, controverses publiques

Technologies reproductives et d'enfantement : régulations du risque, gouvernement du corps, controverses publiques

Sezin Topçu, chargée de recherche au CNRS ( IMM-CEMS )

Maud Arnal, doctorante à l'EHESS ( CERMES3 )

Ilana Löwy, directeur de recherche à l'INSERM (TH) ( CERMES3 )

Chiara Quagliariello, chercheuse associée au Cresppa-CSU ( Hors EHESS )

Dates et lieu

3e lundi du mois de 13 h à 16 h (salle du Conseil A, R-1, bât. Le France, 190 av de France 75013 Paris), du 21 novembre 2016 au 19 juin 2017. La séance du 21 novembre se déroulera en salle Jean-Pierre Vernant ; celle du 20 mars en salle 3. Séance supplémentaire le 24 avril (salle du Conseil A)

Présentation du séminaire

De la conception à l’accouchement en passant par la grossesse, le progrès médical est parvenu à orienter voire façonner en profondeur le  processus d’enfantement dans les sociétés contemporaines, par le biais d’une part des innovations « révolutionnaires » ou de rupture telles que la procréation médicalement assistée (qui a détaché l’embryon de l’utérus) ou le diagnostic prénatal (qui a rendu le fœtus « maîtrisable »), et d’autre part, par des technologies, instruments ou médicaments qui, bien que plus anciens ou « conventionnels », déplacent eux aussi les frontières entre le naturel et l’artificiel, le moderne et l’archaïque, le biologique et le médical (échographie, césarienne, péridurale). Au croisement des études sociales et culturelles des techniques, de la sociologie de la médicine, et des études sur le genre, ce séminaire de recherche vise à décrypter ces nouveaux paysages reproductifs et d’enfantement modelés par la médecine  à partir de trois axes principaux. Nous aborderons les trajectoires sociohistoriques de ces différentes techniques, en traçant les continuités (de l’échographie à l’amniocentèse par exemple), les complémentarités, ou au contraire les concurrences entre elles (e.g césarienne vs. péridurale dans certains contextes), et ce dans l’objectif de saisir les voies à travers lesquelles elles se sont généralisées ou rendues « acceptables », souvent de façon cumulée. Nous analyserons les régulations nationales et internationales dont ces innovations font l’objet depuis les dernières décennies, redessinant par là de nouveaux rapports, institutionnels, à la maternité/parentalité,  au genre, au corps, au risque, ou encore à l’handicap. Nous étudierons enfin les critiques ou controverses publiques qu’elles suscitent en termes non seulement éthiques, mais aussi épistémologiques (savoirs féministes/profanes vs. savoirs médicaux), sanitaires (impact du recours accru aux techniques/médicaments sur la santé des femmes/bébés), et politiques (e.g. débats autour de la place accordée au travail reproductif, aux liens biologiques, ou encore à la sécurité dans les sociétés productivistes et du risque). Ce séminaire de recherche fait partie du projet ANR « Hypmedpro » (Hypermédicalisation de l’enfantement comme problème public : trajectoires matérielles, controverses publiques, changements institutionnels) (2016-2019).

* * *

Programme

21 novembre : Du « grand déménagement » à la critique (radicale) de l’obstétrique

- Introduction du séminaire (organisatrices)
- Marie-France Morel (Société d’histoire de la naissance), Naître à la maison d’hier à aujourd’hui

19 décembre : Technologies prénatales : de la visibilisation du foetus à son contrôle

- Ilana Löwy (Cermes3-Inserm), Diagnostique prénatal comme technologie de réduction du risque des malformations congénitales: un regard historique
- Véronique Mirlesse (Cermes3), Les outils du diagnostic prénatal : quelle anticipation des situations de handicap?

16 janvier : Histoire des tests de grossesse comme technique de gouvernement des corps et des populations (perspectives France-Angleterre)

- Jesse Olszynko-Gryn (Cambridge University), De patients aux consommateurs: une histoire de tests de grossesse au XXe siècle
- Fabrice Cahen (INED), Une technologie subversive? Les tensions autour du diagnostic biologique de grossesse dans la France du milieu du XXe siècle

20 février : La fin de l’utopie technologique ? Accouchement technocratique et sa critique

- Sezin Topçu (Cems/IMM-Cnrs), Supprimer l’accouchement pour mieux domestiquer les femmes ? Modernité obstétricale et ses détracteurs dans un pays « émergent »
- Maud Arnal (Cermes3/IRIS - EHESS), Le soulagement des douleurs de l’accouchement, un enjeu socio-technique controversé? Socio-histoire d’une utopie physiologique

20 mars : Risques et périnatalité : Accidents médicaux et aspects juridiques

- Emmanuelle Fillion (EHESP-ARENES) & Didier Torny (CNRS-CSI/I3), De la réparation individuelle d'un dommage médical à l'élaboration d'une cause collective transgénérationnelle: le cas du distilbène
- Rosanna Sestito (EHESS), Être jugées par ses propres paires: une enquête sociologique sur la radiation des sages-femmes à domicile

24 avril : Naturel/artificiel et nouvelles formes de militantisme féministe

- Charlotte Faircloth (University of Roehampton), Militant Lactivism? Intensive motherhood, attachment parenting and feminism in London and Paris
- Chiara Quagliariello (Cresppa-CSU), Entre nature et techné : Femmes sénégalaises en exil et modèles de naissance “éco-modernes”

15 mai : Economie reproductive, PMA, marché de gamètes

- Cathy Herbrand (De Monfort University), Autorisation des techniques de remplacement de mitochondries en Grande Bretagne : incertitudes médicales et enjeux de régulation (titre provisoire)
- Corinne Fortier (LAS -Cnrs), Sexualité, genre et race dans les procréations médicalement assistées avec donneur

19 juin : Politiques reproductives et mouvements de selfhelp

- Michelle Murphy (Toronto University), autour de Seizing the Means of Reproduction (sous réserve)
- Lucile Ruault (Ceraps, Université Lille 2), Critiquer le pouvoir médical à partir d’une pratique profane et féministe de gynécologie

***

Renseignements : ce séminaire de recherche mensuel s'adresse aux étudiants en master (M1-M2) et en thèse, ainsi qu'aux collègues-spécialistes. Il est également ouvert aux auditeurs/auditrices libres (sur inscription par courriel).

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.

Réception : sur rendez-vous.

Adresse(s) électronique(s) de contact : sezin.topcu(at)ehess.fr, lowy(at)vjf.cnrs.fr, chiaraquagliariello(at)yahoo.it, a.maud(at)hotmail.fr

Page liée sur le site de l’EHESS : https://enseignements-2016.ehess.fr/2016/ue/1649/

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