CECI n'est pas EXECUTE cems : Phénoménologie et sociologie : parcours croisés

Phénoménologie et sociologie : parcours croisés

► Audran Aulanier et Guillaume Gass (CEMS) avec l’aide de Luz Ascarate (Fonds Ricoeur/CRAL/ISJPS/Panthéon-Sorbonne) et de Paulus Wagner (LIEPP/CEE/Sc po Paris)

Les 4 février, 3 mars et 10 avril 2020, de 9h à 12h (54 Bd Raspail, Salle AS1-24) et le 4 mai 2020, de 14h à 17h (54 Bd Raspail, Salle A6-51)

Présentation

L’histoire du rapport entre la tradition phénoménologique et la sociologie est tissée de controverses, et il n’est pas rare de la considérer sous la forme d’une antinomie. D’un côté, la phénoménologie est souvent accusée d’être tributaire d’un certain cartésianisme idéaliste, basé sur l’autonomie radicale du sujet connaissant ; de l’autre, les sciences sociales s'intéresseraient exclusivement aux faits sociaux objectifs (Durkheim 1895). A rebours, certains ont pu voir une conciliation fructueuse entre ces deux disciplines, par exemple à partir de la socio-phénoménologie d’Alfred Schütz, qui mobilise l’approche phénoménologique au service d’une sociologie du monde vécu (Cefaï 1998).

Dans ce séminaire, en défendant l’intérêt d’une approche interdisciplinaire, et mobilisant la littérature scientifique contemporaine sur ces deux disciplines, nous nous proposons d’explorer différentes perspectives sur les possibles apports de la tradition phénoménologique aux sciences sociales et, en retour, des sciences sociales à la phénoménologie. Pour ce qui est du rapport de la première à la deuxième, la phénoménologie fournit une méthode de description éidétique sui generis, dont les concepts fondamentaux sont susceptibles d’enrichir les méthodes qualitatives de la recherche empirique. De ce point de vue, celles-ci gagnent un ensemble d’outils épistémologiques comme ceux d’ontologie matérielle, d’intuition catégoriale, de variations imaginatives, d’intersubjectivité, du monde de la vie, ainsi qu’un plan d’analyse, celui du pré-prédicatif. Cette dernière notion est fondamentale pour la compréhension de ces expériences dites muettes qui constituent aujourd’hui un véritable défi pour la recherche empirique. D’un autre côté, les sciences sociales peuvent constituer un objet d’étude riche pour la phénoménologie en lui donnant accès à un nouveau champ de phénomènes tels que l’idéologie et l’utopie (Ricoeur 1996), l’étude de l’étranger (Schütz, Waldenfels), ou la formation de groupes sociaux.

Ce séminaire consistera d’une part en des discussions à partir d’auteurs dont le travail se place au croisement fertile entre phénoménologie et sciences sociales, ou qui s’inspirent de la phénoménologie dans l’élaboration de la méthode sociologique (Schütz, Berger et Luckmann, Garfinkel, Ricoeur, Bourdieu, …). D’autre part, il s’agira de poursuivre cette réflexion par une interrogation sur plusieurs tentatives “d’application” des apports de la phénoménologie aux enquêtes de terrain. En prenant appui sur la recherche en cours des participants, nous aborderons, entre autres, les questions suivantes : comment la phénoménologie peut-elle contribuer à l’élaboration d’un cadre théorique pour une recherche qualitative sur la vie quotidienne des demandeurs d’asile ? Dans quelle sens l’apport phénoménologique est-il pertinent pour l’élaboration d’une sociologie du soi (Johann Michel) ? Un autre point à explorer sera celui de la double possibilité qu’offre la phénoménologie d’étudier le quotidien et l’imagination, à partir d’auteurs comme Schütz et Ricoeur en particulier. Enfin, ce chantier du quotidien se lie aussi avec la normativité vécue, relative aux expériences politiques : quel rôle peut jouer la méthode phénoménologique dans la description de l’expérience quotidienne des phénomènes de “la politique”?

Dans l’idéal les discussions se poursuivront par la suite lors d’une journée d’étude à l’automne 2020, autour d’une problématique resserrée.
 

Programme

4 février 9h à 12h en AS1_24

- Paulus Wagner : “Relationnalité subjective et sociologie politique”

- Albert Ogien : “L’expérience dans la perspective de l’ordinaire”

3 mars 9h à 12h en AS1_24

- Séance autour d’Alfred Schütz - à partir des recherches d’Alain Cottereau et Guillaume Gass

10 avril de 9h à 12h en AS1_24

- L’analyse phénoménologique et la sociologie - à partir des recherches d’Angelo Montoni et d’Audran Aulanier

4 mai de 14h à 17 h en A6_51

- Ricoeur et les sciences sociales - à partir des recherches de Luz Ascàrate et de Cédric Terzi
 

EHESS
CNRS
INSERM

flux rss  Actualités

Penser l'intersectionnalité dans l'espace public

Journée(s) d'étude - Vendredi 18 octobre 2019 - 09:30« Penser l'intersectionnalité dans l'espace public »18 Octobre 2019 -  9h30–18hCNRS Pouchet – 59-61 Rue Pouchet, 75017 Paris   Préprogramme9h30-9h45 : Accueil9h45-10h : Introduction de la journée par les organisateurs∙trices, Victor Albert Bla (...)(...)

Lire la suite

Le Brésil a-t-il besoin d'une réforme agraire? Ruptures et continuités d'un débat

Journée(s) d'étude - Vendredi 27 septembre 2019 - 08:45Le Brésil a-t-il besoin d'une réforme agraire ? Ruptures et continuités d'un débatLa journée d'études se tiendra à l'EHESS, 105 Boulevard Raspail 75006 Paris, le vendredi 27 septembre 2019, de 8h45 à 18h, en l'amphithéâtre François Furet. Pr (...)(...)

Lire la suite

Migrations et espaces publics

Colloque - Jeudi 13 juin 2019 - 10:30ProgrammeJeudi 13 juin10h30 – 11h : Accueil et introduction du séminaire11h – 13h : Axe 1 - Définir la situation migratoire. Discours et expériences d'un problème publicHélène Mazin (Max Weber / Lyon 2) : « Accueillir chez soi : entre discrétion et publicisat (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)

54 Boulevard Raspail 75006 Paris
Tel.: +33 (0)1 49 54 24 27
        +33 (0)1 49 54 25 95
cems@ehess.fr