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	L'expérience des mères célibataires en Tunisie : du récit aux droits (éthique, violence, citoyenneté)

L'expérience des mères célibataires en Tunisie : du récit aux droits (éthique, violence, citoyenneté)

Soutenance de thèse de Marta Arena – 30 juin 2021

Arena Marta soutiendra sa thèse doctorat, intitulée

« L'expérience des mères célibataires en Tunisie : du récit aux droits (éthique, violence, citoyenneté) »

et préparée sous la direction de Baudouin Dupret, le mercredi 30 juin 2021, à partir de 14 heures, devant un jury composé de :

⇒ M. Baudouin Dupret (Directeur de thèse), CNRS

⇒ Mme Monia Ben Jémia, Université de Carthage

⇒ Mme Sarah Ben-Nefissa, IRD

⇒ Mme Mériam Cheikh, INALCO

⇒ Mme Marie Ladier-Fouladi, CNRS

⇒ M. Michel Naepels, EHESS

⇒ M. Zakaria Rhani, Université Mohammed V de Rabat

La soutenance se tiendra en visioconférence. Afin d'affecter le moins possible la qualité de la visioconférence nous sommes contraints de limiter l'accès au public. Les personnes souhaitant assister à la soutenance devront se rapprocher du candidat.

Résumé

A travers une approche phénoménologique basée sur des récits à la première personne, la thèse enquête sur les expériences des femmes qui sont mères célibataires en Tunisie. La question abordée est celle que Michael Jackson a appelé “la lutte pour être” (the struggle for being), c’est-à-dire l’ensemble des efforts et des négociations avec les évènements pour trouver un certain équilibre entre “être acteur” et “être agi”. La grossesse et la maternité célibataire se présentent comme une chute statutaire (disgrace) car la femme, dans la plupart des cas, compromet les liens avec ses proches et perd également son travail et son logement. En s’appuyant sur des concepts de Pierre Bourdieu, ces parcours individuels peuvent être décrits comme un mouvement descendant au cours duquel elle perd sa position dans le champ social – avec son capital matériel et symbolique – du fait qu’elle n’a pas suivi le ”sens du jeu” de la maternité selon lequel la maternité n’intervient que dans le mariage. Cependant, à la naissance de l’enfant, par sa décision de ne pas le donner en adoption et de devenir mère, elle prend position, c’est-à-dire qu’elle a un positionnement dans le champ social qui va à l’encontre de ce qui est censé être la régularité, ou la norme. Loin des schémas de la reproduction sociale, son comportement affirme les possibilités de la liberté individuelle et ouvre un questionnement sur l’éthique, portant tant sur les choix individuels que sur les morales différenciées de ceux et celles qui l’entourent. La violence familiale qui suit l’annonce de la grossesse ou la naissance de l’enfant occupe une place importante dans l’expérience de beaucoup de femmes. Le thème de la violence est traité sur la base de l’analyse de l’anthropologue Veena Das qui fait une distinction entre la violence comme “moment originel”, celui de l’éclatement, et la violence qui devient “une sorte d’atmosphère” mêlée aux relations et aux circonstances du présent. C’est dans l’occupation de cette “atmosphère”, à travers les actes et les mots du quotidien que – selon Das – demeure le travail de “domestication” et de transformation de la violence en vie, en quelque chose de nouveau. Le temps est le facteur qui permet aux femmes de réoccuper leur vie et de guérir “les blessures” du passé, en suivant des modalités précises : celle d’un rythme et d’une routine progressivement retrouvés. Cela se réalise par des actions comme habiter un lieu (logement), travailler, soigner son enfant et gérer les relations avec les proches. Avec le temps elles récupèrent leur position statutaire dans le champ social. A observer de près, toute expérience de vie relate l’incontournable problème de l’inégalité de genre. Loin d’être un aspect des rapports entre proches, il s’agit plutôt de l’élément fondamental, caractéristique de la position de ces femmes dans l’espace public, lequel a ses conséquences dans la sphère privée et familiale. Elles sont marginalisées et invisibles et, selon les termes de Hannah Arendt, elles ne sont pas considérées comme des sujets politiques car elles ne peuvent pas apparaitre par leur parole et leur action dans l’espace public. Elles mettent en place des stratégies d’autoprotection pour se construire une éthique de vie en réaction à la discrimination qu’elles subissent, mais celles-ci n’ont qu’une portée limitée. En effet, ce sont les politiques publiques, les pratiques administratives et la non-application de la loi qui déterminent une appartenance citoyenne diminuée pour ces femmes, avec des retombées concrètes en ce qui concerne l’exercice de leurs droits fondamentaux, tels l’accès aux services de santé et sociaux. Finalement, pour les mères célibataires, l’enjeu est d’être traitées avec respect comme citoyennes à part entière et sur un plan d’égalité avec les hommes.  

EHESS
CNRS
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