CECI n'est pas EXECUTE cems : Présentation

Le laboratoire |

Présentation

Historique

Depuis sa création, par Alain Touraine, le CEMS s’est affirmé comme un des principaux lieux d’élaboration des outils conceptuels, théoriques et méthodologiques de l’analyse sociologique en France. Sous la direction de son fondateur, il s’est donné pour tâche de saisir les mouvements sociaux à partir de l’activité politique déployée par les acteurs et les instances politiques identifiées (syndicats, partis, puis mouvements post-68 : femmes, minorités, immigrés, etc.). Dans une seconde période, et après le départ d’A. Touraine et la création du CADIS, les recherches du CEMS se sont écartées de cette démarche et ont essayé de rendre compte des dynamiques infra-institutionnelles et infra-étatiques qui relèvent du changement social, en montrant comment les formes d’engagement et les attentes et revendications exprimées par les citoyens se modifiaient de façon largement souterraine et un peu à l’écart des manifestations publiques de l’action politique. C’est en suivant cette orientation que le CEMS a participé activement, depuis le début des années 1980, aux processus d’innovation qui ont dessiné des perspectives nouvelles pour l’enquête sociologique, y ouvrant de nouveaux chantiers, introduisant de nouvelles problématiques (celle de l’« espace public », des « expériences limites », de l’effritement de la société salariale ou du « genre », par exemple), expérimentant des méthodes dont la validité s’est ensuite imposée dans la discipline (anthropologie morale, ethnographie du politique, ethnométhodologie, pragmatique de l’action collective, théorie des arènes publiques, sociologie des sciences et des techniques, sociologie des médias et de la réception, analyse conversationnelle, construction des problèmes publics).
 

En quête de démocratie (2018-2022)

Le CEMS s’est ainsi distingué comme un laboratoire où ont été menées des enquêtes sur l’espace public et son articulation à la sphère privée, sur les mouvements sociaux, urbains et religieux, sur la formation de problèmes publics, sur les métamorphoses de la question sociale et du capitalisme en France et en Europe ou les « transitions démocratiques » en Amérique du Sud et en Europe de l’Est. Tout en maintenant cet héritage vivant, le CEMS réaffirme dans son nouveau projet son intérêt pour la thématique de la démocratie et pour les outils destinés à enquêter sur elle, la décrire et l’analyser. La démocratie est entendue comme système de gouvernement, de lois et d’institutions mais aussi comme forme de vie collective. La démocratie s’inscrit dans l’ordre des interactions, des plus discrètes aux plus publiques. La démocratie est étudiée comme un monde traversé de doutes, d’enquêtes, de problématisations, d’expérimentations, de protestations individuelles, et de mobilisations collectives. C’est également un monde de controverses : dans le domaine de l’environnement, autour des dommages sanitaires engendrés par l’activité industrielle ; dans le domaine social, autour du creusement des inégalités liées aux caractéristiques sociales, culturelles et économiques, ou à l’état de santé des individus et des populations ; dans le domaine politique, avec la désaffection des formes d’engagement classiques et l’émergence de modes de mobilisations (de victimes, de sinistrés, etc.) revendiquant une expertise sur les situations qui les affectent.

 

Projet scientifique

Le projet scientifique du CEMS s’intitule « En quête de démocratie ». La démocratie, avec ses forces et ses faiblesses, ses ambiguïtés et ses paradoxes, est étudiée au CEMS sous différents angles.

La démocratie est abordée depuis l’institution d’agencements matériels, d’arsenaux législatifs, de réseaux technologiques, d’outils gestionnaires, d’instruments statistiques, qui lui donnent une visibilité, qui y garantissent l’exercice du droit, de l’administration et du gouvernement, mais qui peuvent aussi avoir la fonction d’inciter ou d’empêcher, de contrôler et de punir. Des enquêtes sont en cours sur différents objets : dynamiques de financiarisation croissante des politiques publiques et des réseaux d’ONG ; technologies de soin, de reproduction ou d’enfantement contrôlées par la corporation médicale ou l’industrie pharmaceutique ; violences institutionnelles imposées aux sans-abri, migrants et réfugiés ; nouvelles méthodes de désinformation et de production du doute et de l’ignorance dans la webosphère ; emprise sur les formes de production et de consommation par l’agrobusiness….

La démocratie y est, en contrepoint, observée à travers des mouvements de dénonciation et de revendication collective : mobilisations de genre, LGBT et queer, batailles autour de la mémoire de l’esclavage ou actions de victimes d’erreurs médicales, révoltes en Kabylie, mouvements pour une agro-écologie et pour la permaculture, cultures et théâtres sourds… L’actualité a été en partie couverte, à chaud, au moment des actions d’Occupy, de Nuit Debout et de Notre-Dame des Landes. Un croisement s’est fait au CEMS entre sociologies des mouvements sociaux et des problèmes publics : les mobilisations sont examinées à partir des activités de discussion et de participation, d’enquête et d’expérimentation de personnes ordinaires – habitants, travailleurs, consommateurs, patients, citoyens, hommes/femmes… - qui s’efforcent de maîtriser, individuellement et collectivement, leurs milieux de vie et leurs histoires de vie.

La démocratie y est donc interrogée sur le terrain du politique, qui déborde le régime des lois et des institutions pour innerver la vie quotidienne – une leçon que beaucoup d’entre nous ont apprise dans un dialogue continu avec les philosophies de Dewey ou Lefort, Arendt ou Rancière. Elle est ainsi examinée du point de vue de l’invention de nouvelles formes d’expérience, individuelles et collectives : émergence de nouvelles exigences de liberté et d’équité, de justice et de réparation, reconnaissance de droits à la différence ou à l’autonomie, appel à la mise en « communs » de biens privés ou publics, création de nouvelles façons de vivre au quotidien. Elle engage la critique de formes instituées de pouvoir médical, institutionnel, économique ou écologique, qui fait des corps et de leurs environnements des enjeux politiques : controverses autour de la violence obstétricale subie par les femmes, visibilisation sur la scène publique des enjeux liés au handicap, à la couleur de peau ou à la différence de genre, aménagements de bouts d’environnement par des agricultures alternatives…

Le projet du CEMS été entièrement refondu en 2017-18, au terme d’un processus de réflexion collective. Il a été conçu autour de quatre axes, qui fixent des directions générales de recherche. Chaque axe – signifié par 3 verbes à l’infinitif – correspond à un moment du processus démocratique.

Les axes de recherches du CEMS : http://cems.ehess.fr/index.php?4071

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