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Résister en corps. Une ethnographie de l'adversité

Soutenance HDR de Jérôme Beauchez – 14 novembre 2017

Résister en corps. Une ethnographie de l'adversité

Garant: Daniel Cefaï

Jury: Ahmed Boubeker, Yves Cohen, Éliane de Latour, Jean-François Laé et David Le Breton Soutenance: mardi 14 novembre, 13:00, EHESS, 54 bd Raspail, Salle AS1_23 (le pot se tiendra dans le hall du 54)

À partir d’ethnographies multi-situées et d’une démarche d’enquête particulièrement sensible aux comparaisons, mes recherches décrivent l’épreuve des dominations à l’état incarné : au plus près des corps et des vies qu’elle traverse. Tandis qu’une telle expérience se produit partout où s’exercent des rapports dissymétriques de pouvoir (aussi bien dans les relations entre les genres, les ethnies ou les classes sociales), la sociologie et l’anthropologie françaises l’ont jusqu’alors comprise ou expliquée en insistant principalement sur le même côté de la relation : c’est-à-dire sur le pouvoir au sens de ce qu’il dit ou fait dire (cf. Michel Foucault), compte tenu des effets d’imposition et des violences symboliques qu’il produit (cf. Pierre Bourdieu). Si bien qu’au tableau sociologique des « dominations ordinaires » continue de manquer en France l’esquisse d’une contrepartie pourtant bien réelle : celle des épreuves et des types de critiques que ces rapports de domination peuvent susciter en termes de « résistances ordinaires » des subordonnés. Mes travaux visent par conséquent l’analyse circonstanciée de cet autre côté de l’interaction : celui des résistances, appréhendées comme des formes socialement construites de (contre)pouvoirs décrits au contact quotidien de celles et ceux qui les incarnent en chair et en os. Mes enquêtes ethnographiques portent dès lors sur certains groupes parmi : les minorités ultramarines mises à l’épreuve de nos « tristes tropiques », les héritiers des immigrations pris dans le quotidien des banlieues, ainsi que les représentants de différentes subcultures labellisées comme « déviantes » (skinheads, punks et toxicomanes). De l’expérience à l’objet, je m’appuie sur la première pour constituer le second de sorte à tracer la silhouette épistémologique de ces résistances ordinaires dont l’étude constitue le dénominateur commun de mes engagements de chercheur. C’est dire qu’à la diversité des terrains abordés répond le rassemblement de l’enquête autour de cette problématique des résistances – et des pouvoirs d’agir qu’elles supposent – en transcendance de tel ou tel cas particulier. La centralité d’un tel travail, dont l’ensemble des dimensions ethnographiques se rejoignent sur un même problème diversement documenté, garantit tout autant la cohérence scientifique du projet qu’elle présente un gage de solidité pour une recherche appelée à se saisir d’une question jadis placée par Georg Simmel et Max Weber au fondement des sciences sociales : la question des rapports de domination.

Mots-clés : Ethnographie – corps – domination – résistances ordinaires – (sub)cultures populaires

* * *

Based on multi-sited ethnographies and an investigative approach with a strong comparative focus, my research describes the embodied ordeals of domination from a vantage point situated as close as possible to the bodies and lives of the dominated. While such ordeals can occur wherever dissymmetrical relations of power exist (in relations between genders, ethnic groups or social classes), until now French sociology and anthropology have understood or explained them by insisting mainly on the same “side” of the relationship. That is to say, they have focused on power in the sense of what it says or means (cf. Michel Foucault), taking into account the effects of imposition and the “symbolic violence” that it produces (cf. Pierre Bourdieu). The result is that the sociological chart of these different forms of “ordinary domination” is still lacking an outline of this very real counterpart in France: the ordeals and critiques that this domination can bring about in terms of the “ordinary resistance” put up by the dominated. My work consists in conducting a comparative sociology of a certain number of their mechanisms, seen as socially constructed forms of (counter)powers embodied by concrete actors. I therefore focus on detailed analysis of the other side of the interaction, on the side of resistance, understood as socially constructed forms of (contra)powers. I seek to describe these in the closest contact possible with the people who embody them in flesh and blood. In this way, my ethnographic survey focuses on certain groups among the overseas minorities enduring our “tristes tropiques”, the descendants of immigration caught up in the daily life of deprived neighbourhoods, and the representatives of different subcultures labelled as “deviant” (skinheads, punks and drug addicts). From experience to object, I rely on the former to construe the latter with a view to tracing the epistemological outline of these ordinary forms of resistance – the common denominator in my commitment to research. Within the diverse range of practical situations addressed by my different inquiries, “everyday resistance” – and the power to act that it supposes – is the key issue drawing together my work beyond the specificities of individual case studies. The centrality of this work structured around a single, but diversely documented, key problem both ensures the epistemological coherence of the project and evidences the solidity of this research addressing the question that Georg Simmel and Max Weber located at the very foundation of the social sciences: the question of relationships of domination.

Keywords : Ethnography – body – domination – everyday resistances – popular (sub)cultures  

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