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	Sayonara LEAL

Sayonara LEAL

Professeure invitée — novembre 2018

Sayonara Leal est docteure en sociologie et maître de conférences à l'Université de Brasília (Brésil) depuis 2008. Sa thèse a porté sur les spécificités de l'espace public dans les radios communautaires, en France et au Brésil, selon les modalités de paroles mises en place dans ces lieux d'expressions de droits par des acteurs sociaux qui y participent, tout en considérant leurs régimes d'engagements et leurs logiques d'actions manifestés dans ces médias (2007). Elle a obtenu une maîtrise en politiques de communication et culture à la Faculté de Communication de l'UnB (2001). Elle a réalisé un stage doctoral et un DEA Recherche en Changement Social (Université de Lille 1) en 2004-2005 et a mené son post-doctorat au Centre de Sociologie de l'Innovation (CSI) à l'École des Mines de Paris (2013-2014). Ses travaux de recherche ont deux axes principaux: l'éducation, la science et la technologie et la politique, les valeurs et la société.

 

Conférences

La mise en œuvre de la Décharge Sanitaire de Samambaia à l'épreuve de la justice sociale et environnementale: comment des citoyens questionnent la technologie pour accéder à des services publics.

Dans le cadre du séminaire Daniel Cefaï, date à fixer

Une série de mesures gouvernementales a été mise en place au Brésil à propos de ce que nous appelons « l'environnementalisation» des politiques publiques en matière de gestion des déchets solides, qui comprend d'une part la désactivation des décharges contrôlées et de celles à l'air libre, et d'autre part la mise en place de dispositifs technologiques pour le traitement des résidus conformément aux normes techniques. Notre étude vise à comprendre comment les démarches pour la mise en activité de la Décharge Sanitaire de Brasília, dans la région administrative de Samambaia dans le District Fédéral (DF) a donné lieu à un dispositif de négociation des droits sociaux et environnementaux entre les pouvoirs publics et les citoyens de cette localité dans le cadre du transfert de déchets de la Décharge de la Estrutural ("Lixão da Estrutural"), fermée en janvier 2018, vers la Décharge Sanitaire de Brasília. Les manifestations collectives des habitants de Samambaia qui s'opposent à l'installation de la décharge dans la région, tout en remettant en cause la mise en œuvre de la technologie de traitement des déchets sont également mises à l'épreuve par les faiblesses des liens et des engagements des citoyens impliqués dans les mobilisations. L'objectif de cette communication est de traiter la décharge sanitaire comme un projet technologique intégrant différents intérêts et logiques d'action en soulignant les expressions épistémiques et morales des acteurs concernés objectivées dans les justifications qui ont participé à la conception et à l´activation du projet et à sa mise en question sur la base des différentes notions de bien commun.

 

Résistance et capacité d´agir dans un dispositif de compensation: les ramasseurs de déchets face à la désactivation de la Décharge de l'Estrutural (Distrito Federal, Brésil)

Dans le cadre du séminaire Janine Barbot, Laura Centemeri et Nicolas Dodier, « Risques, violences et réparation »,

  • Le 9 novembre 2018, de 10h à 13h, EHESS, 105 Bd Raspail, salle 9.

Cette communication s'inscrit dans le débat contemporain sur les mouvements de lutte contre la dégradation de l'environnement ainsi que sur l'action des politiques publiques visant à promouvoir la durabilité qui traitent des problèmes liés aux inégalités sociales et à la pauvreté. En ce sens, le problème de la désactivation des décharges de déchets à ciel ouvert, en particulier dans les pays marqués par les inégalités sociales, comme dans le cas du Brésil, nous renvoie à ce qu'on appelle des dépotoirs comme des lieux de double registre morale en termes d'injustice sociale ("sale travail") et d'injustice environnementale (risques environnementaux). Ce travail traite du cas de la désactivation de la Décharge de Déchets de la ville Estrutural dans le District Fédéral du Brésil et de ses effets sur la vie socio-productive des ramasseurs de déchets qui ont travaillé à cet endroit, en mettent en évidence leurs résistances au dispositif de compensation sociale mis en place par le gouvernement (revenu minimum, cours socioprofessionnels).

Compte tenu des incertitudes engendrées par la fermeture de la décharge, ces travailleurs ont forgé un arène public pour la remise en cause de leur situation sociale et de travail autour d'un dispositif de compensation gouvernamental jugé insuffisant pour leur subsistance ou humiliant par ces acteurs clés de la collecte sélective au Brésil. À partir d'entretiens semi-struturés auprés des agents du pouvoir publics et des ramasseurs et de l´observation de ces acteurs en action lors de leurs manifestations dans l´espace public, nous nous sommes interrogés à propos de deux questions: 1) sur la manière dont ce dispositif de compensation sociale prenait en compte le traitement des critiques produites par ces travailleurs et 2) dans quelle mesure leurs capacités de symbolisation de leurs experiences d´injustices et de demandes de reconnaissance sociale étaient à la fois activées et réprimées selon la situation de leurs manifestations.

 

Penser les régimes de capacités dans le cadre de la pauvreté: que pensent les bénéficiaires du programme Bolsa Família au District fédéral sur leur condition de personne pauvre ?

Dans le cadre du séminaire de Serge Paugam « Attachements et luttes sociales »,

  • 23 novembre 2018, 9h-12h, ENS, Campus Jourdan, 48 Bd Jourdan 75014 Paris, salle R202.

Une série de dispositifs gouvernementaux d'inclusion sociale mis en œuvre au Brésil est soutenue par le paradigme distributif, qui met l'accent sur l'accès au revenu minimum et sur le suivi des conditions d'insertion des familles dans le quadre bénéfices sociaux. La recherche que nous présentons part des limites de l'approche distributive en tant qu'orientation fondamentale des initiatives d'inclusion sociale ciblant les populations à faible revenu dans le pays et examine la pertinence de prendre au sérieux le travail normatif des bénéficiaires du Programme de la Bolsa Familia en rapport avec ce dispositif d'inclusion sociale.

Ce travail examine les évaluations positives ou négatives que les citoyens insérés dans un cadre spécifique de problèmes sociaux expriment sur les objectifs de justice sociale objectivés dans les initiatives d'inclusion destinées à ces acteurs. Nous nous interrogeons sur ce que les citoyens désignent comme équitables et injustes dans leurs critiques sur la manière dont les dispositifs d'inclusion sociale sont conformes aux représentations de leurs besoins existentiels. Dans un premier temps, nous nous appuyons sur l'analyse des données venant de la recherche effectuée par l'IPEA "Radiographie du Brésil contemporain" qui concernent les conceptions de justice et d'injustice par rapport au mérite d'accéder à la protection sociale au Brésil en partant de la vision politique et des valeurs démocratiques exprimés par de personnes pauvres interviewées. Environ 600 entretiens ont été réalisés entre 2015 et 2016 dans toutes les régions du pays auprès de personnes représentantes les différentes classes sociales brésiliennes. Ensuite, nous croisons les données de cette enquête importante avec les résultats d´un enquête qualitative locale dans le Distrito Federal auprès des bénéficiaires du Programme de la Bolsa Família (PBF). Nous avons mené des interviews structurées auprès de 23 familles assistées par le PBF, lesquelles s'expriment sur le manque d'accès aux biens et aux services en tant que privation de compétences pour jouir de "libertés substantielles" qui permettent des "opérations spécifiques" jugées pertinentes pour participer à la vie en communauté sans contraintes ni pertes.

 

La mise en technologie des problèmes sociaux : l´application Brésil 4D à l'épreuve de la justice cognitive des bénéficiaires du Bolsa Família.

Dans le cadre du séminaire du CEMS.

  • Le 29 novembre 2018, 15h-18h, salle AS1_24, EHESS 54 bd Raspail 75006 Paris.

 Cette communication examine les avis que les citoyens expriment à propos des objectifs de la justice sociale concrétisé dans les initiatives d'inclusion numérique orientées vers les «défavorisés sur le plan social». Notre réflexion se base sur des pistes de recherche lancées par une sociologie de usages de technologies qui s'intéresse aux expériences de "mise en technologies des problèmes publics" ou d'ordre social qui frappent différentes groupes de citoyens (ex: civic app). En ce sens, nous nous appuyons sur des données de recherche sur les utilisations et expériences cognitives et morales avec des applications sociales ciblées vers les populations desservies par le Programme Bolsa Família, dans le District Fédéral, dans le cadre du projet Brasil 4D. Il s'agit d'une application qui fonctionne dans l'environnement sociotechnique de la télévision numérique brésilienne et génère des services publics (santé, droits sociaux, travail) pour les bénéficiaires du programme. Appuyés sur des entretiens structurés menés auprès des acteurs (développeurs, agents publiques et utilisateurs) participant à l'écosystème brésilien de cette application, nous discutons comment la relation entre justice sociale et régimes de capacités déstabilise l'artefact technique et les utilisations de l'application par ses usagers. Nous observons que les buts tracés lors de la conception du Brasil 4D et son sens en tant que une application sociale sont redéfinies et/ou soutenus en fonction des capacités critiques de ses utilisateurs.

EHESS
CNRS

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