CECI n'est pas EXECUTE cems : Groupe de réflexion sur le Brésil Contemporain

Groupe de réflexion sur le Brésil Contemporain

♦ Waldir LISBOA ROCHA, doctorant à l’EHESS (CEMS)

♦ Afrânio-Raul GARCIA Jr., maître de conférences de l’EHESS (CESSP)

♦ Benoît DE L’ESTOILE, directeur de recherche au CNRS (CMH)

♦ Glauber SEZERINO, doctorant à l’EHESS (CESSP)

♦ Camila CESAR, ATER à l’Université de Lorraine-Metz

♦ Vassili RIVRON, maître de conférences à l’Univ. de Caen-Basse Normandie

Mercredi de 17h à 19h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 4 novembre 2020 au 26 mai 2021

Ce groupe, créé à l'initiative d'Ignacy Sachs au début des années 1980, soutenu par la MSH, quand la France avait accueilli de nombreux savants brésiliens condamnés à l'exil, à un moment où la création de formations doctorales en SHS dans les universités brésiliennes favorisait le renouveau de la recherche, vise à réunir chercheurs et étudiants intéressés par les débats scientifiques et les résultats des enquêtes en sciences sociales et humaines portant sur le Brésil contemporain et son inscription sur la scène internationale.

La crise institutionnelle, devenue manifeste en 2013, arrive à un nouveau tournant après les élections présidentielles de 2018 et l’entrée en fonctions d’un mandataire qui stimule ses proches à exprimer le souhait d’un retour des modes de l’existence de l’espace public pendant la dictature militaire à l’époque de l’AI-5 (dites les années de plomb: 1968 – 1979), quand la fin de l’habeas corpus, et d’autres prérogatives d’un pouvoir arbitraire (suspension des droits politiques de tout citoyen, mettre fin à des mandats électifs à tous les niveaux, démission de tout fonctionnaire sans égards pour leur nomination à vie, censure de la presse, confiscation de biens, etc.), ont ouvert la porte à la torture systématique comme instrument de contrôle des adversaires politiques et intellectuels. Cette décennie fut l’occasion d’un exil important d’opposants et des étudiants et intellectuels en France et en Europe. Le refus de la présidence de gérer l’épidémie du Covid 19 a placé le Brésil parmi les pays les plus exposés à la mortalité de sa population, en particulier les contingents pauvres et démunis et les populations amérindiennes en Amazonie. À présent le dirigeant suprême s’oppose ouvertement aux gouverneurs des états fédérés et aux maires qui ont fait usage de pouvoirs décentralisés et décrété le confinement des résidents sur leurs territoires. La situation des secteurs démunis s’était dégradée avec les réformes du code du travail, des lois de protection sociale renforçant la précarisation des travailleurs et la réduction de la politique de transferts de revenu vers les familles en bas de l’échelle, simultanément à un brutal changement du cadre de protection des territoires amérindiens exposant ces populations à toutes sortes de menaces et attaques de la part des fazendeiros, qui atteint également les terres reconnues aux descendants d'esclaves marrons (quilombolas) ; les réserves forestières en Amazonie sont menacées et la déforestation s’élargit. La libération des ventes d’armes comme politique de sécurité publique, et la privatisation des entreprises nationalisées dans les secteurs stratégiques comme le pétrole, complètent le cadre du volte-face complet des voies ouvertes par les combats pour la démocratie et l’État social menées depuis le retour des garanties constitutionnelles en 1988. Les universités publiques et la recherche en sciences sociales sont particulièrement visées dans l’époque récente. Il est difficile, voire impossible, de discuter les résultats de la recherche en cours en sciences sociales et humaines sans être attentif aux conditions de préservation de leurs modes d’existence et les menaces subies au jour le jour. Raison de plus pour continuer à soumettre au débat des pistes de recherche mises en route à l’EHESS, au Brésil, en France, en Europe ou ailleurs, en continuité avec les années précédentes, permettant d’éclairer les virulents conflits politiques actuels, la forte crise économique et la détérioration des conditions de vie des secteurs les plus démunis, voire les implications de absence de coordination fédérale du combat épidémique. Bien sûr, comme par le passé, nous continuerons à discuter les évolutions de l’univers culturel et artistique, tout comme celles du champ religieux. Il faut souligner que, devant ce cadre défavorable, nos collègues enseignants et chercheurs au Brésil n’ont pas fléchi la vigueur de la production et de débats en sciences sociales et humaines, ainsi que leur mobilisation actuelle pour le maintien des libertés publiques et pour la démocratisation de l’accès à l’éducation et à l’information.
La participation au GRBC est ouverte aux enseignants, chercheurs et étudiants spécialistes en anthropologie, sociologie, économie, science politique, philosophie, psychologie, histoire, géographie ou urbanisme. Le recours fréquent à des collègues français ou étrangers, du même domaine de connaissance du conférencier, mais spécialistes de l'Europe ou d'autres aires culturelles, permet de faire ressortir l'universalité des problématiques traitées et l'apport spécifique de l'étude de la société brésilienne à l'avancée des sciences sociales. Ces différents objectifs expliquent l'usage alternatif du français, du portugais, de l'espagnol ou de l'anglais pendant les exposés et débats pour assurer la plus large inclusion des intéressés.

Etant donné les incertitudes actuelles sur les conditions des voyages internationaux, le programme détaillé sera diffusé tous les mois.

Page liée sur le site de l’EHESS : [https://enseignements.ehess.fr/2020-2021/ue/317].

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